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Un voyage qui dure.
Nous devions partir le 24 Décembre 2003. Réservation était faite des billets d'avions. Deux jours avant, coup de théâtre, Inesse nous informe de reporter le départ, le passeport ne sera pas au rendez-vous.
Nˆayant rien prévu pour ce Noël où habituellement nous nous retrouvons à une trentaine chaque année,  eh bien le réveillon sˆest déroulé en trois étapes.
a) A neuf heures nous faisons, Lolo et moi glisser 3 huîtres.
b) Neuf heures trente, le pâté.
c) Dix heures, tout le monde au lit.
Allez, une nouvelle date est fixée; ce sera le 22 Janvier 2004.
Nous préparons à nouveau notre départ, nous organisons notre absence professionnelle, et à nouveau, cinq jours avant : annulé !
Bon, cette fois-ci, le 24 Février 2004 est fixé. Ce mois d'attente se montre très long, d'autant que les évènements en Haïti, comme chacun sait, commencent à prendre mauvaise tournure. Aux dernières informations d'Inesse, celle-ci nous dit que la demande du passeport de Kervens à été déposée et que dès notre arrivée nous pourrions récupérer le précieux " Sésame ". Donc, cette fois-ci, nous décidons de partir et à notre arrivée, la veille à Paris (eh oui, trop peur de rater l'avion), nous comprenons que les tensions en Haïti s'aggravent. Nous nous posons une dernière fois la question, part, part pas, nous partons. (Et ce, bien que nous ayons reçu un courriel de Madame C à l'hôtel nous demandant de reporter notre arrivée). A l'escale de Pointe-à-Pitre, nous nous renseignons sur l'évolution de la crise en Haïti et là, les différentes informations que nous recueillons nous obligent à en convenir, il faut reporter notre arrivée en Haïti. Ok, mais nous ne pouvons nous résigner à reprendre l'avion dans l'autre sens ; étant à une heure d'avion de Kervens, nous décidons de rester en Guadeloupe.
Mais, combien de temps? Le boulot ! La maison !Les chiens et tout le reste, comme tout le monde quoi! Nous avons un très vieil ami en Guadeloupe. Nous l'appelons et, un quart d'heure plus tard,  il nous rejoint à l'aéroport de Pointe-à-Pitre. Ni notre ami, ni nous même à ce moment là ne le savons pas, nous allons vivre ensemble six semaines ! Encore merci à lui, car sans lui, nous n'aurions pas réussi à attendre aussi longtemps. Vous imaginez, six semaines dans une chambre d'hôtel, alors vous allez nous dire, oui, mais la Guadeloupe, le soleil, la mer... et bien, non ! Rien !La seule fois où nous sommes allés à la plage, c'est au retour d'Haïti, avec " Kiki ", tous ses copains l'appellent comme cela. Donc de Kervens, nous sommes passés à Kiki. Donc encore merci à notre ami, car nous pouvons tous imaginer de voir des gens débarquer chez nous pour on ne sait combien de temps, chambouler nos habitudes et quelque part nous imposer dans sa petite vie, certes particulière, et là ( Christian C pourra en témoigner) mais bon ce n'est pas évident.
Les jours passent, les nuits aussi..., Euronews jour et nuit, les infos en continu. C'est de pis en pire.  Les affrontements s'amplifient, des blessés, des morts tous les jours, les bagarres arrivent jusqu'à Pétionville, voire des gens se réfugient à la crêche d'Inesse, notre crêche, les enfants? Danger ? pas danger ? nous téléphonons tous les jours, parvenons à joindre Ermance ou Inesse de temps en temps. Sur les conseils d'Inesse, nous décidons d'attendre encore en Guadeloupe. Une semaine se passe, Aristide est parti (ou enlevé, autre débat), mais là, alors que notre passeport devait sortir, plus aucune administration ne fonctionnait. Nous attendrons comme cela cinq semaines, qu'un semblant d'ordre revienne, que l'administration se réorganise.
Nous nous occupons comme nous pouvons. Après avoir réorganisé la maison de notre ami, celui-ci étant célibataire, nous avons eu de quoi nous occuper, tapisserie, dressing, tuyauterie, soudure etc... et notre ami ayant une société de location de sonorisation, chargé des camions de sonorisations et pour finir lui refaire sa comptabilité sur trois ans ( et oui, c'est la Guada! ) cela nous permet d'attendre. Attendre, encore et toujours·
Cela nous permit aussi  au cours de ces semaines, de connaître des gens en Guadeloupe charmants et, entre autre de rencontrer Théodore, grand ami d'Inesse, Président de l'association têtkolé qui oeuvre au profit des Haïtiens. Dans les premiers temps de notre séjour en Guadeloupe nous avions appris que le dépôt où Inesse entreposait les stocks de nourritures avait été pillé aux moments les plus chauds des évènements. C'est là qu'était née notre première action, à savoir, faire parvenir des vivres pour pallier en urgence aux manques.
Lolo et moi avions convenu d'un budget possible, qui explosa de par la générosité du groupe. Nous passons ici le détail de ce qui a été envoyé, celui-ci a fait l'objet d'un message sur le groupe. Nous pouvons vous assurer de notre émotion lorsque Nathalie nous a informé au final, de la somme qui avait été rassemblée en aussi peu de temps. Le deuxième envoi fut composé de différents dons de l'association de Théodore. Là aussi, merci à notre ami qui nous a prêté son véhicule pour traverser la Guadeloupe afin de rassembler tous les cartons à expédier. Les Guadeloupéens sont gentils, mais question organisation, spécial...N'est-ce pas Nathalie? Je sais ce que tu vas dire, je suis Martiniquaise, mais oui, mais oui, c'est pareil, c'est toujours les Antilles. Au fait, nos enfants aussi sont des Antilles... Bon, et bien tant pis, nous apprendrons à marcher moins vite... En lisant, vous devez vous dire, alors ? Haïti ? les enfants ? Kervens ? on y vient? Eh bien oui, mais six semaines, c'est long.
Quatrième, cinquième semaine le doute s'amplifiant quant à l'obtention de ce fameux passeport, nous  ne passons pas loin de la décision de rentrer. Mais après avoir vu passer Christian C en aller-retour avec Wilder dans les bras, quelques appels téléphoniques aux parents déjà rentrés d'Haïti, entre autres Pierre B, nous finissons par décider d'attendre encore. Puisque que Inesse dit d'attendre, alors attendons. Avec le recul, cela confirme que Inesse finit toujours par réussir. Et, finalement la nouvelle tombe un jeudi soir. Ermance nous annonce qu'elle a réussi à sortir ce satané passeport. Enfin, en voiture à ce moment nous avons été obligés de nous arrêter, ne pouvant plus conduire (je devais avoir une saleté dans l'oeil où un truc comme
cela)...
Le samedi suivant, nous prenons l'avion pour Port-au-Prince vers 17h00. Nous enregistrons nos bagages vers 14h00, (le meilleur moyen d'être à l'heure, c'est d'être en avance) et nous patientons ,fébriles, dans l'aéroport. Evidemment, tout à coup les hauts parleurs annoncent que les SAINTY doivent se présenter au poste de sécurité. A ce moment, je me mets à flipper. Eh oui, je repense au petit colis de Théodore pour Inesse que nous avons récupéré juste avant d'arriver à l'aéroport, colis devant contenir de la morue séchée faite par Madame Théodore, la morue préférée d'Inesse. Nous avions glissé le petit colis dans nos bagages rapidement et pensant aux règles de sécurité élémentaires que vous indiquent toute compagnies aérienne ( n'acceptez jamais de transporter des colis dont vous ne connaissez pas le contenu...) de plus, l'emballage papier marron, bien scotché, scotch marron bref, vous voyez ce à quoi je pense, pourvu que cela n'en soit pas.Nous avons pris l'avion, c'était bien de la morue séchée, flairée par les chiens.
Nous arrivons sur le tarmac de l'aéroport de Port-au-Prince, il fait quasiment nuit. Une chaleur quelque peu écrasante nous tombe dessus. Nous arrivons jusqu'à la douane, passons celle-ci et
récupération des bagages. Lolo se charge d'aller chercher un chariot et moi jˆ'intercepte nos bagages sur le tapis roulant. J'observe de loin ma Lolo qui discute ferme avec plusieurs hommes et manifestement l'obtention du chariot n'est pas évidente. Mais oui, Il faut le petit ticket payant qui permet de prendre le petit chariot ! Avec un petit dollar cela s'arrange !
Nous chargeons nos bagages sur notre petit chariot et nous dirigeons ou essayons de nous diriger vers la sortie en conservant notre petit chariot. Le sport commence là. Alors que nous approchons de la sortie, nous sommes interpellés par un Monsieur qui nous demande de le suivre. Pourquoi? Pas d'uniforme? bon, suivons et un peu plus tard comprenons que nous allons devoir ouvrir les bagages pour une fouille dans les règles. A ce moment précis, une voix, c'est notre Inesse qui parvient à se faufiler un chemin, nous rejoint en compagnie de notre Kervens qui fait plein de gros bisous à Lolo, puis me saute dans les bras et me serre avec force. L'émotion est à son comble ! Il ne me lâchera qu'une fois à l'hôtel. Tout en nous acheminant jusqu'à la voiture d'Inesse avec mon Kervens dans les bras, je scrute autour de nous nos bagages qui ont été pris en charge par des gens, choisis par Inesse, ce que
j'ignorais à ce moment et me demandais si nous allions les retrouver. Mais bon, j'avais le colis le plus important, notre Kiki et vu la force avec laquelle il me serrait, pas de doute, personne ne pourrait me l'arracher. Nous arrivons à la voiture, un gros 4*4 un peu usé il faut bien en convenir. A l'intérieur nous attendait la petite Lou-Isa avec sa maman.
kervens adopte a haiti
02/08/04